La fondation Nomads a lancé son premier hub d’innovation

jeudi, 01.02.2018
Nomads lance le premier hub dans le domaine de la mobilité où des multinationales, des PME, des startups et des hautes écoles vont collaborer dans le cadre d’une plateforme commune.
Christian Affolter

Le vivier de compétences qu’est le Grand Genève doit pouvoir générer des innovations au bénéfice de toute la société. Les hubs créés sous l’égide de la fondation Nomads, avec le soutien de l’État de Genève, sont un élément clé de cette approche. Comme l’a montré la création du bus TOSA, il vise à réunir autour d’un projet des acteurs qui n’ont pas (encore) l’habitude de se parler, encore moins de collaborer ensemble.
Le premier hub dans le domaine de la mobilité (avant ceux de la cybersécurité, de l’eau, de la healthtech, de la foodtech et du futur des emplois), dont le lancement a été annoncé jeudi dans le cadre des Assises européennes de la transition énergétique, s’inspire de cette première expérience.
Il associe déjà douze participants, que sont ABB, Archamps Technopôle, Citec, GreenGT, Green Motion, Grunderco, IEM, Leclanché, TPG, Transpolis, les SIG et l’UPSA. La présidente de la fondation Nomads Sabrina Cohen Dumani nous explique comment il se mettra en place.

Comment les hubs vont-ils fonctionner concrètement?
Ils joueront un rôle de catalyseur. Dans l’ère du digital, il n’est plus possible pour une entreprise de développer et de lancer des produits toute seule, comme par le passé, sur la base d’études de la clientèle. Le digital fait qu’il n’y a plus d’intermédiaire entre le producteur et le client final. La co-création est l’une des bases de l’économie digitale. Des entreprises clientes d’autres entreprises se rapprochent. L’intégration des clients change complètement le
processus de conception de produits. Elle va aussi au-delà de ce que les grandes entreprises appellent l’«open innovation», la recherche de nouvelles idées à l’extérieur du groupe. Les hubs sont des espaces de co-création, avec un acteur neutre qu’est la Fondation Nomads. Cela permet aux entreprises d’y participer sans forcément avoir des intérêts. La recherche, l’innovation et la formation se réunissent au hub, le tout au service de l’économie.

Comment est-il dès lors possible de valoriser les innovations qui sortiront du hub
L’association de quatre entreprises pour le bus TOSA montre bien qu’il est relativement facile de les valoriser. Chacune des quatre participantes a amené sa propre technologie. Lors de la vente du produit au client final, chacune d’entre elles est gagnante.

Mais il faut tout de même gérer la propriété intellectuelle?
C’est l’une des tâches dont s’occupe le hub. Notre priorité est cependant de chercher les synergies les plus efficaces possibles, d’identifier les acteurs et les expertises présents, de créer de la transparence, qui n’existe parfois même pas au sein d’une entreprise. Pour lancer cette démarche-là, nous n’avons pas besoin d’un lieu physique. Mais d’ici deux, trois ans, nous créerons un campus. Rien ne peut remplacer le rapport humain, même à l’ère du digital.

Votre définition de la mobilité va-t-elle au-delà de la problématique du transport?
En effet, elle comprend aussi la façon de travailler, par exemple d’adapter les horaires de travail en fonction des pics de trafic. Les systèmes de gestion de ces horaires font partie des solutions que nous voulons développer, intégré dans une démarche Smart City.

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