L’hydrogène peut aussi servir à chauffer et à éclairer les maisons

Quatre acteurs économiques mèneront un test afin de compléter le cocktail des énergies renouvelables dans les bâtiments.

Construit par Realstone, cet ensemble d’immeubles coiffés de panneaux solaires illustre le projet Aurora. Mais le lieu d’implantation d’une installation pilote n’a pas encore été choisi.

 

Construit par Realstone, cet ensemble d’immeubles coiffés de panneaux solaires illustre le projet Aurora. Mais le lieu d’implantation d’une installation pilote n’a pas encore été choisi.DR

Et si l’hydrogène venait compléter le cocktail des énergies renouvelables utilisées dans le bâtiment? C’est le pari que font quatre entreprises romandes qui, en s’alliant, comptent développer une solution commercialement viable. Déjà présente dans le secteur de la mobilité – des camions de livraison fonctionnent à l’hydrogène –, la molécule semble avoir un avenir dans les immeubles. La solution envisagée passe par une production et un stockage local afin d’approvisionner en énergie le parc immobilier, tout en réduisant les émissions de CO2.

Du renouvelable amélioré

Si le secteur du bâtiment est visé par le projet appelé Aurora, c’est que les émissions du secteur représentent une part importante des gaz à effet de serre produits en Suisse. Pour améliorer les choses, le projet vise à augmenter l’efficacité des énergies renouvelables. Cette collaboration doit permettre «d’introduire des solutions intégrées, comme l’électrolyse de l’eau ou la pile à combustible, aux systèmes existants, comme le photovoltaïque et les batteries de stockage», indiquent les quatre acteurs. Parmi ces derniers, on retrouve le fonds immobilier Realstone et l’énergéticien Romande Energie. S’y ajoutent les compétences techniques de GreenGT, qui développe notamment une voiture de course roulant à l’hydrogène, et la Fondation genevoise Nomads.

L’hydrogène commence à séduire dans le bâtiment car il répond aux besoins de ce secteur. «Lorsqu’on fait fonctionner un véhicule à l’hydrogène, une part sert à produire de l’électricité, l’autre produit de la chaleur. Dans un immeuble, l’utilisation de l’hydrogène est encore plus intéressante puisqu’on peut valoriser cette chaleur», explique Richard Mesple, directeur de Local Energy, une filiale de Realstone.

Hydrogène «vert»

Faut-il encore que la production de l’hydrogène réponde également aux critères environnementaux. C’est ce que prévoit notamment le projet Aurora en misant sur une production locale et décentralisée. En gros, les panneaux photovoltaïques placés sur les toitures pourraient permettre de produire au même endroit de l’hydrogène par l’électrolyse de l’eau. Et pas à n’importe quel moment. Les spécialistes prévoient que la production d’électricité solaire devrait se trouver en surproduction en été. Ce surplus pourrait ainsi servir à l’électrolyse de l’eau pour la transformer en hydrogène.

Ce mode de fonctionnement inscrit pleinement l’hydrogène dans son rôle de vecteur d’énergie, plutôt que de carburant. Une façon de stocker le courant issu du photovoltaïque, pour l’utiliser au moment où le soleil brille moins fort. C’est l’une des facettes de ce projet qui s’étalera sur plusieurs années. Il prévoit dans un premier temps de modéliser, puis d’installer le système dans un ensemble d’immeubles, et enfin de commercialiser des solutions recourant à cet «hydrogène vert»

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